La situation actuelle et les tâches des communistes

PROGRAMME IDÉOLOGIQUE DE L'OCF (août 2010)

La situation et nos tâches

Le texte qui suit entend donner aux communistes les éléments fondamentaux permettant de mener à bien la prise du pouvoir. Le pouvoir n’a jamais été et ne sera jamais cédé de manière pacifique ou « démocratique » aux peuples du Monde. Le pouvoir, dont le représentant est l’Etat bourgeois, n’est qu’une machine de guerre contre les peuples.

En revendiquant la prise du pouvoir, les communistes déclarent ainsi vouloir désarmer ceux qui mènent les peuples à la misère au nom d’une seule logique : celle du profit.

 

L’expérience accumulée depuis deux siècles permet aujourd’hui de dire, de manière concrète, qu’aucune des promesses faites aux peuples n’ont jamais vu le jour sauf pour la classe parasitaire des industriels, banquiers et propriétaires fonciers : la bourgeoisie.

 

Les peuples du Monde ont chèrement payé la croyance dans les diverses formes qu’a revêtu le pouvoir de cette classe : république, dictature, monarchie constitutionnelle, etc...

 

Les peuples du Monde ont chèrement payé la soumission à cette classe par le biais des diverses formes de processus électoraux.

 

Les peuples du Monde ont chèrement payé la religion des « droits de l’homme et du citoyen » et l’illusion dans une liberté, égalité, fraternité qui ne concernait en fait que ceux qui en avait édicté les principes : la bourgeoisie.

 

L’époque actuelle s’ouvre sur une nouvelle avancée de l’impérialisme qui n’est que la forme mondialisée de la domination bourgeoise. Plusieurs évènements doivent être pris en compte :

● En 1971, la rupture par Nixon, Président des Etats unis, des accords de Bretton Woods marque le début du déclin de l’impérialisme étasunien (abandon de la convertibilité stable du Dollar en or).

● En 1991, L’union Soviétique est dissoute.
● En 2001, le 11 septembre, la nouvelle doctrine étasunienne, celle d’un monde « unipolaire », ce monde ou « le mode de vie américain n’est pas négociable » s’établit avec tout son arsenal idéologique : la « guerre contre le terrorisme », la « fin de l’histoire », « le choc des civilisations ».

Mais, au fond, ces trente années marquent le grand tournant de l’économie et de la finance capitaliste et c’est ce monde là qu’il faut transformer.

 

Les communistes

Que veulent les communistes ? L’abolition du salariat. Ont-ils réussi quelque part dans le Monde ? Non. Pourquoi ? Parce que ce programme est à proprement parler : révolutionnaire.

 

C’est aujourd’hui même aller à contre-courant des idées ambiantes. Bercés par des dizaines d’années de syndicalisme de collaboration, par les illusions de ceux qui prétendent « réformer » le système de l’intérieur (les « socialistes »), les peuples n’envisagent même pas l’idée d’un tel programme.

 

C’est que le salaire représente à la fois ce qui permet à l’ouvrier, au salarié, de vivre ; mais aussi aux propriétaires des usines, des fabriques, des terres, de faire des profits.

 

C’est ce double aspect qui rend les choses plus complexes à saisir.

Les communistes en voulant l’abolition du salariat, voudraient affamer le peuple, dit la bourgeoisie. Les communistes répondent qu’abolir le salariat, c’est abolir la classe qui a remplacé l’esclavage par le salariat. Qui a simplement transformé l’esclave ancien en esclave moderne.

 

Cet esclave moderne a même « conquis » le droit de voter pour choisir ses maîtres. Mais jamais personne n’a voté pour l’armée, la police, les banques, la spéculation, l’Union européenne... Sous le capitalisme on vote pour la forme, par pour le fond.

 

Et ce qui intéresse les communistes c’est justement le fond, ce qui est radical, c'est-à-dire comme l’expliquait K. Marx : les racines des phénomènes. Et souvent les racines sont cachées, souterraines. Il appartient au communistes de mettre au jour les racines des choses.

 

Comment ?

Comme il a été dit précédemment, jamais aucun pouvoir, jamais aucune classe dans l’histoire de l’humanité, n’a cédé son pouvoir de bon gré. Il a fallu une lente maturation d’idées et une évolution des moyens de production pour que les peuples refusent leur condition sociale. Même lors de la révolution bourgeoise de 1789 en France, le peuple n’a eu d’autres choix que de passer une alliance de fait avec la bourgeoisie montante, permettant à cette classe de s’emparer du pouvoir.

 

La première grande tentative d’abolir l’esclavage salarié,

la Commune de Paris de 1871, fut assassinée sans pitié par la classe bourgeoise qui du même coup a montré que le nationalisme dont elle se veut la garante n’était qu’une duperie de plus. Les troupes françaises de Mr Thiers ne durent leur victoire contre les communards que grâce à l’appui actif des troupes prussiennes qui assiégeaient Paris.

 

Il faudra attendre Octobre 1917 pour qu’un pays entier bascule hors de ce qui semblait être la loi générale et qu’un peuple dise oui à la paix, oui à la justice sociale et renverse le pouvoir tsariste qui régnait sur la Russie. Ce peuple immense avait été mis en marche par un parti communiste, le parti Bolchévik, avec un seul mot d’ordre : « la paix et le pain ». Alors que des millions d’êtres humains, ouvriers et paysans, mourraient dans les tranchées de l’Europe de l’Ouest, abreuvés par les discours nationalistes de la bourgeoisie et des socialistes, d’autres millions d’hommes refusant la guerre et la misère retournaient leurs armes contre leurs généraux et leurs maîtres et tournaient une page décisive de l’histoire des peuples en créant le premier pouvoir des ouvriers et paysans : l’Union Soviétique.

 

Dès lors s’ouvrait une nouvelle période, la notre, celle où devenait possible le renversement du pouvoir des industriels et des banquiers, où devenait possible le fait de briser un Etat.

 

Mais, bien entendu, ce n’est pas parce qu’on renverse en quelques jours un pouvoir séculaire qu’on a accompli la révolution. Les bourgeois, industriels, financiers, propriétaires terrains, fonctionnaires de l’ancien Etat, ne disparaissent pas d’un coup de baguette magique. Les idées anciennes elles-mêmes ne s’effacent pas des cerveaux (religions, conceptions du monde, etc...).

 

C’est pour cette raison que toute révolution, et c’est la grande leçon apportée par la révolution russe et Lénine, ne peut pas faire l’économie de l’usage de l’autorité. C’est ce qui fut appelé la Dictature du Prolétariat. L’Etat nouveau peut user de démocratie, certes, avec ceux qui respectent les nouvelles règles. Mais les couches sociales, les individus, qui de manière délibérée ou camouflée tentent de s’opposer au processus révolutionnaire doivent être soumis à un contrôle voire des mesures de coercition rendues d’autant plus nécessaires qu’une révolution communiste ne prône pas de compromis de classe, d’alliances contre-nature, comme en 1789 ; mais a pour but l’abolition du salariat et donc la disparition des classes.

 

Une révolution communiste est une révolution de type nouveau. L’Etat qui en est issu n’a aucune concession de fond à proposer aux opposants d’hier. Il n’a pas honte de s’appeler une dictature car les peuples de par le monde subissent, sous des doux mots (démocratie, république...), une dictature sur leur vie qui est bien réelle.

 

Et si désormais, avec le recul du temps, nous observons comment se comportent tous ces revanchards qui ont pris le pouvoir en Russie, dans les pays de l’Est, en Chine, ne voyons-nous pas sous nos yeux la haine et la violence dont ils font preuve ? Ils n’hésitent pas à livrer les peuples de leurs pays à l’exploitation la plus éhontée, ils restaurent les symboles du nazisme, édifient des statues à la gloire des anciens dictateurs, remettent sur pied les églises et les prêtres, remettent sur leurs trônes les rois et les princes du « bon vieux temps », organisent, provoquent et participent à des aventures militaires meurtrières.

 

Ils nous donnent eux-mêmes de bonnes raisons de dire oui à la Dictature du prolétariat. D’être, à l’avenir, encore plus vigilants dans l’édification de l’Etat.

 

Apprendre de l’Histoire

Le communisme nous apprend à devenir maîtres collectivement de notre avenir. C’est ce qui le différencie de toutes les doctrines de philosophie politique.
● La bourgeoisie nous enseigne « l’éternelle nature humaine », que « l’homme est un loup pour l’homme ». En fait elle nous apprend ce qui l’arrange. Si l’homme a toujours été pareil et qu’il le sera toujours, à quoi bon vouloir changer les choses. Il y a des forts et des faibles, des riches et des pauvres. Ce sera toujours ainsi. Ainsi disent les forts et les riches !

● L’homme est égoïste, cupide, c’est pour cela qu’il y des guerres et qu’il faut des gouvernements pour protéger les citoyens. Ainsi parlent les banquiers, les industriels, les prêtres, les généraux, les présidents. En fait ils nous décrivent leur monde, leur conception du monde. Et ils se donnent les moyens pour que tous les individus pensent que c’est « comme ça » (littérature, télé, films, croyances religieuses...).

 

Le communisme dit : les conditions de vie des hommes conditionnent leur existence, mais les hommes ont réussi au cours d’un lent processus à dominer leur propre condition, à changer les conditions de leur propre existence. Il y a une interaction permanente entre les conditions qui nous sont faites, dont nous héritons par la famille, la société, etc... et la manière dont nous agissons à notre tour sur notre éducation, sur la société, etc... Rien n’est stable, figé, immuable. Tout est processus.

 

Le communisme est la doctrine même de la liberté accomplie de l’homme, ouvrant ainsi la voie de l’émancipation pour l’humanité toute entière. Et c’est de cette manière que nous pouvons éclairer le passé et envisager l’avenir.

 

Apprendre de l’Histoire, c’est aussi comprendre l’évolution concrète de ce que les communistes ont réalisé et pourquoi ces premières révolutions prolétariennes n’ont pas duré dans le temps.

 

Avant tout, il faut bien comprendre qu’une révolution qui s’assigne pour tâche l’abolition du salariat, des classes sociales, est une proposition RADICALE qui rompt avec les processus classiques de transformation des sociétés. Avant la Commune de Paris les révolutions ou changements de forme de l’Etat ne remettaient pas en cause la propriété privée des moyens de productions et d’échange. Un nouveau mode d’exploitation du peuple remplaçait un plus ancien.

 

Les communistes disent haut et fort qu’ils vont déposséder les classes dominantes de leur pouvoir absolu sur les moyens de production (usines, propriété foncière, ...) et de leur main mise sur les moyens d’échange (circuits financiers, transports, ...). De plus les communistes disent haut et fort qu’ils prendront des mesures d’autorité pour interdire aux résidus de la bourgeoisie (qui persistent après le processus révolutionnaire) de s’exprimer librement : fin du prosélytisme religieux, contrôle de la presse, contrôle de l’enseignement, etc...

 

Il faut avoir tout cela à l’esprit pour comprendre que les communistes ne sont pas là pour faire des compromis de classes mais pour accomplir dans les faits la lutte des classes. Et pour ceux, souvent honnêtes, qui reprochent aux communistes d’être des « totalitaires », il faut montrer clairement ce qu’est l’Histoire et encore aujourd’hui (et sous nous yeux), la réalité de plus de deux siècles de capitalisme (guerre, misère, famines, colonisations, absence de liberté réelle d’expression...).

 

Que s’est il donc passé en URSS ?

Nous n’entrerons pas ici dans l’histoire pré-révolutionnaire de la Russie nous attachant à n’observer que ce qui nous parait marquant pour illustrer la plus grande tragédie du 20ème siècle que fut la destruction du premier Etat socialiste.

 

En tant que communistes, nous ne rentrerons pas dans les polémiques stériles sur Trotski, dont nous savons aujourd’hui ― grâce aux sources historiques des archives ― qu’il fut un agent zélé de la bourgeoisie. Lorsque le Parti Bolchevik prit le pouvoir en Octobre 1917, c’est d’un pays misérable et sous-développé sur tous les plans qu’il eut à s’occuper. Immédiatement les puissance capitalistes de l’époque se liguèrent contre le jeune Etat et provoquèrent une guerre qui dura jusqu’en 1924 ― 7 années de guerre après les 4 années de la guerre 1914/1918, soit 11 années de guerre.

 

Quel Etat, quel peuple, aurait pu à la fois résister à ces tueries et conserver un idéal dans son avenir ? Les peuples de Russie, désormais Union Soviétique, ne baissèrent pas les bras et malgré les pertes humaines, matérielles, de cadres du Parti, continuèrent dans la voie du socialisme.

 

C’est ce qu’il faut rappeler aux détracteurs de Lénine et du parti bolchévik qui font de l’histoire abstraite, sans prendre en compte le facteur humain.

Dès 1924, Staline devint le Secrétaire Général du Parti Bolchevik (pcb). A période nouvelle, politique nouvelle. Il fallait désormais s’occuper d’organiser la production industrielle et agricole et donc rentrer en conflit avec les restes de l’ancienne société (qui ne s’éteignent pas après la prise du pouvoir). Cadres corrompus, propriétaires fonciers, saboteurs infiltrés par l’étranger, rendirent nécessaires le plein exercice de la Dictature du Prolétariat.

 

Mais la trêve fut brève, car en 1933 Hitler prit le pouvoir (démocratiquement) en Allemagne. Il avait clairement exprimé ses visées par rapport à l’URSS, centre, pour lui, du « judéo-bolchévisme ». Les soviétiques avaient depuis longtemps compris le message et le Komintern (structure internationale des communistes) avaient clairement analysé la situation. Hitler et les puissances occidentales passaient accords secrets sur accords secrets sur le dos de l’URSS.

 

Sur la base de ces informations l’industrie lourde fut donc mise au service de la production d’armement et l’Etat soviétique conclut un pacte tactique avec l’Allemagne. Les peuples de l’URSS rentraient dans une nouvelle période de difficultés, dans la phase de préparation d’une nouvelle guerre dont l’enjeu était tout autant la destruction de l’URSS, qu’un nouveau partage du monde (affaiblissement de l’impérialisme anglais et montée en puissance de l’impérialisme étasunien).

 

En 1936, toutes les techniques et méthodes de la guerre nouvelle furent mises en œuvre en Espagne. L’aide de l’URSS, la mobilisation des peuples du Monde et les Brigades Internationales ne furent pas de force face à l’aide nazie à Franco et surtout face à la trahison ouverte des gouvernements « socialistes », en particulier le gouvernement français mené par Léon Blum.

 

A la même période, c’est l’appareil d’Etat soviétique, comme en attestent aujourd’hui les archives, qui eut à démasquer les agents infiltrés aux plus haut rangs (ce qui est convenu d’appeler « les procès de Moscou »).

 

Entre 1938 et 1940, après l’Allemagne nazie, l’Espagne et l’Italie fasciste qui depuis longtemps avaient assassiné ou mis dans des camps les communistes et les opposants politiques, les « démocraties » européennes préparèrent le terrain à Hitler en appliquant la même politique répressive anti ouvrière et anti-communiste (Loi Sérol en France).

 

Avant, pendant et après la guerre qui dura 5 ans, les puissances occidentales jouèrent en permanence un double jeu, laissant porter l’effort de guerre à l’Est dans l’espoir ouvertement déclaré de voir Hitler «faire le travail » de destruction du premier Etat socialiste.

 

Mais en 1945, l’URSS et son parti étaient toujours là et la bourgeoisie dut s’incliner et même faire des concessions politiques sur l’Europe de l’Est.

 

Le Parti Communiste avait su mobiliser les peuples soviétiques, vaincre le nazisme et maintenir l’Etat socialiste. Les peuples du Monde avaient là un exemple. Mais un exemple trop dangereux pour les impérialistes. La puissance anglaise rabaissée, laissait désormais la place à l’impérialisme étasunien et ce dernier marquait son entrée sur la scène internationale à sa manière en larguant les premières bombes atomiques sur les populations civiles du japon. Le « crime contre l’humanité » prenait une autre forme avec l’approbation tacite de la « communauté internationale ».

 

En URSS, il fallait à nouveau tout reconstruire. Former de nouveaux cadres, rétablir l’économie. Depuis 1917, ce pays n’avait connu que 16 années de paix (1924/1940), ses cadres avaient été décimés par la guerre, ses infrastructures détruites. Staline, conscient de cette histoire qu’il avait partagé depuis avant 1917 se mit à rédiger des documents essentiels qui nous permettent de saisir la justesse des orientations de l’après-guerre, tant sur le plan idéologique qu’économique. Mais Staline meurt en mars 1953.

 

En 1956 est convoqué le 20ème congrès du PCUS, Khrouchtchev, nouveau Secrétaire Général, lit un rapport (publié au même moment aux USA) qui est un réquisitoire contre la politique de Staline.

 

Il faut dire que de 1953 à 1956, le Bureau Politique et le Comité Central du Parti ont subi de nombreuses purges et que les opposants à Khrouchtchev ont été éliminés dès avant 1956.

 

Dès lors la politique intérieure comme extérieure de l’URSS ne peut plus être considérée comme socialiste. Quelques points parmi des centaines :
● Socialiste, la « coexistence pacifique » avec les USA alors que ce pays agresse la Corée, se prépare à remplacer les français en Indochine, mène une politique de répression anti-communiste sur son sol (Maccarthysme) ?

● Socialiste, l’intervention militaire russe en Hongrie en 1956 ? Plus tard en Tchécoslovaquie et en Afghanistan.

 

Pour nous, communistes, seuls les faits comptent, mais la politique communiste est aussi une position éthique. Rien ne peut justifier l’agression contre la Hongrie par exemple. Nous ne sommes pas contre l’usage de la force, mais pour nous, la force s’exerce lorsque elle est justifiée par la défense (par exemple : la résistance).


Que tous ceux qui critiquent Staline réfléchissent à tout cela, car dans ce domaine entre autres, il s’en tint aux principes du communisme.

 

1960 : Scission du Mouvement communiste international

81 partis communistes sont réunis à Moscou pour une conférence internationale. Le Parti Communiste Chinois est absent. La délégation Albanaise dresse devant les partis une analyse critique de la position soviétique considérée comme du révisionnisme moderne (reprenant les termes de Lénine). Le Parti Communiste Chinois se rangera bientôt sur les positions albanaises.

 

On distinguera alors :
● Le camp des révisionnistes modernes, avec l’URSS à sa tète et l’essentiel des partis communistes du Monde.

● Le camp marxiste-léniniste, avec les camarades chinois et albanais comme représentants de cette ligne.

 

La révolution chinoise

La libération du peuple chinois du joug des impérialistes est un modèle exemplaire de combinaisons de tactiques militaires et politiques. Elle a apporté aux peuples colonisés du Monde un exemple sans précédent et a ouvert la période des décolonisations. Elle a créé et diffusé une nouvelle forme de guerre populaire à grande échelle : la guerre de partisans.

 

Le mérite de la libération de la Chine en 1949 revient sans conteste au Parti Communiste Chinois qui a su unifier le peuple dans une grande lutte nationale.

 

Mais pourquoi la Chine de 2010 est-elle devenue ce grand Etat capitaliste ultra-libéral. Que s’est il passé entre 1949 et aujourd’hui ?

Dès la prise de pouvoir par le Parti Communiste Chinois, on peut analyser dans les documents du Parti, comme dans les diverses méthodes utilisées pour tenter de révolutionner les moyens de production ou les rapports entre les masses et le parti, des points de vue qui s’éloignent du matérialisme dialectique. A l’extérieur, la politique du Parti chinois est ambigüe en ce qui concerne ses rapports avec ses voisins immédiats (Vietnam, Laos, Cambodge) et devient franchement hostile vis-à-vis de l’Albanie.

 

A l’intérieur, on assiste a des sortes de « révolutions de palais » (affaire Deng siao ping, Lin Piao, bande des Quatre...).

 

La production théorique du parti cesse aussi dès après la prise du pouvoir, contrairement à l’Union Soviétique où Lénine, puis Staline ne cessèrent d’enrichir le marxisme par leurs écrits.

 

Les germes de la situation actuelle de la Chine sont donc à chercher dans l’abandon du matérialisme dialectique au profit d’une ligne en zig-zag qui a causé de grands préjudices au peuple chinois et a causé la destruction du Parti lui-même.

 

Pour nous communistes, ce qui est arrivé à la Chine illustre parfaitement ce qui peut arriver lorsqu’on abandonne la boussole du marxisme, lorsqu’on pense pouvoir agir à coup de compromis avec certains principes.

 

Capitaliste aujourd’hui, la Chine n’a pas fini sa trajectoire historique. Elle s’arme, laisse se développer une classe petite-bourgeoise, participe à l’appauvrissement de tous les peuples du Monde en soumettant son peuple à une exploitation effrénée. Bref, elle s’avance à pas de géant vers une phase impérialiste qui va conditionner l’avenir du Monde dans les années à venir.

 

1989 : fin du communisme ?

Fin 1989, le « Mur de Berlin » qui symbolisait l’opposition communisme/capitalisme pour les propagandistes de l’Ouest alors que depuis longtemps, nous l’avons vu plus haut il n’y avait que des formes différentes du capitalisme des deux cotés, ce fameux « Mur » est abattu.

Les capitalistes tiennent enfin leur revanche. 72 années après octobre 1917, le communisme est mort et en plus, pacifiquement.

 

Mais pour nous communistes, cet « événement » n’en fut pas un. Depuis Khrouchtchev et son «rapport», nous savions que le socialisme avait été trahi de l’intérieur. Les camarades Albanais, Enver Hoxha en tête, avaient bien analysé la situation ouverte par Khrouchtchev. 1989 n’était que la fin d’un processus, la décomposition complète du révisionnisme moderne.

 

Mais le degré de prise de conscience des communistes de part le monde avait été très différent. La plupart des dirigeants communistes avaient fait preuve de suivisme et de dogmatisme, ils avaient approuvé Khrouchtchev et ce qu’il représentait. Les camarades de base, peu formés politiquement, avaient eux aussi suivi. Seuls quelques-uns avaient désavoués la Direction et avaient essayé de créer des partis marxistes-léninistes, sans succès. En France, citons François Marty qui fut à l’origine des cercles communistes marxistes-léninistes dans les années 60.

 

Les autres sombrèrent dans le parlementarisme, l’opportunisme et les compromis avec Mitterrand, validèrent l’inacceptable (occupation de la Tchécoslovaquie, de l’Afghanistan), crachèrent sur le mouvement de la jeunesse en Mai 1968...

 

En 2010, le Parti français n’est plus qu’un auxiliaire lamentable du parlementarisme. Réduit à une peau de chagrin. On voit encore des militants qui cherchent à le refonder, mais... on ne ressuscite pas les cadavres !

 

Alors que faire ?

Nous sommes dans une situation apparemment paradoxale : sous nos yeux une attaque sans précédent de notre peuple : retraites, santé, emplois, services de l’Etat, engagement dans des guerres... et nous, les communistes, impuissants.

 

Mais d’où nous vient cette impuissance apparente ?


● D’abord, nous sommes dans un pays qui peut encore se payer une petite bourgeoisie et nous savons que politiquement cette couche de population a toujours tendance à rêver à un autre statut social. Mais qu’on ne demande pas un ingénieur ou un fonctionnaire des finances s’il veut devenir maçon ! Pourtant certains éléments de cette petit bourgeoisie peuvent fournir les intellectuels dont le peuple a besoin, mais actuellement en France, majoritairement les intellectuels sont soit au service de la bourgeoisie EN TANT QUE mouvements anti-communistes : ATTAC, Verts, Altermondialistes. Donc il nous manque des intellectuels engagés sous la bannière du marxisme.

 

● Ensuite, les rapports entre le peuple et la bourgeoisie ont changé, car le capitalisme a changé. 

 

Le crédit qu’il soit à grande ou petite échelle domine les rapports d’échange et il a une conséquence idéologique de premier ordre : la peur. Si on perd son boulot, on perd son toit, sa famille, etc. C’est une forme de violence qu’il ne faut pas négliger dans l’analyse.

 

● Le capitalisme du 19ème siècle avait ses « dames de charité », celui du 21ème dispose de nombreux types d’aides publiques qui permettent à certaines franges de la population de survivre sans travailler. Pire : même si ces personnes travaillent, elles « perdent » ces aides. A quoi bon travailler, alors ! Et, dès lors, pourquoi suivre des communistes qui proposerait du plein emploi (pas sous la forme actuelle du travail évidemment, mais « un tien vaut mieux que deux tu l’auras »).

 

TOUT EST BON POUR LA BOURGEOISIE POUR DIVISER LE PEUPLE

 

● Parmi les couches les plus pauvres de la société, qui existent massivement en périphérie des agglomérations, il y a aussi les trafics en tout genre qui génèrent beaucoup plus d’argent que n’importe quel travail et idéologiquement conduisent au fascisme (gang, prostitution, drogue). Les communistes auront ces franges de population face à eux si des situations révolutionnaires devaient advenir.

 

● La jeunesse est depuis des années et plus particulièrement depuis les « années Mitterrand » le « cœur de cible » de l’embrigadement et du décervelage systématique. La destruction de l’enseignement public, l’invasion des jeux virtuels, l’internet et ses pseudo « réseaux sociaux », la focalisation sur le football, le sport et le spectacle en général, conditionnent des générations entières à être des sujets passifs de la société. Société immuable qui apporte sucreries et divertissements.

 

● Et bien sûr, pour tout le monde, omniprésence de la propagande de masse à côté de laquelle les propagandistes nazis sont des nains. Les chaines de télévision, radio, médias en général, déversent à longueur de temps la conception bourgeoise du monde et des rapports humains, distillent sans cesse sur des centaines de medias une propagande anti-communiste de haute qualité.

 

N’est-il pas un peu normal que les communistes se sentent impuissants ? Car où est le point positif, d’où viendrait une lueur d’espoir ?

Ces questions, camarades, Lénine, Mao Ze Dong, Staline en pleine guerre, Enver Hoxha, et bien d’autres révolutionnaires se les sont déjà posées! Et ils y ont répondu avec succès.

 

Comment ont-ils fait ? Avaient-ils un secret ? Non c’étaient des hommes comme les autres, sauf que :
1. ils avaient une confiance absolue dans l’homme et ses capacités historiquement démontrées,

2. ils avaient beaucoup étudié l’Histoire et les principes du matérialisme dialectique.

Cela parait peu, mais réfléchissons en communistes. Nous savons que l’Histoire est un enchainement de processus. Ce qui était hier ne sera plus identique demain. L’enfant devient un adulte pas un grand enfant !

Rien n’est figé ou définitif. L’homme fut primitif et au cours du temps il a compris puis maitrisé son environnement.


Sur ces simples remarques on peut déjà conclure sur l’avenir :

La situation actuelle évoluera que nous le voulions ou non. Cette évolution aura une action en retour sur la conscience des hommes (c’est un des principes de la dialectique matérialiste). Par exemple : à force de baisser le revenus des salariés, d’abaisser leur niveau de soin, leur possibilité de s’instruire ou d’avoir des loisirs, que va-t-il se passer ?

 

Autre exemple : les capitalistes délocalisent pour casser les montants des salaires, mais en supprimant les emplois ils suppriment aussi ceux qui PEUVENT encore acheter des objets. Pourtant ils produisent ces objets en quantité là où la main d’œuvre n’est pas chère. Donc d’un coté ils détruisent « leur » marché et de l’autre ils baissent leur taux de profit ; en quelque sorte ils scient la branche sur laquelle ils sont assis !

 

L’avenir est donc loin d’être figé comme les intellectuels capitalistes veulent nous le faire croire. La crise dans laquelle nous nous trouvons n’est qu’une des métastases du cancer qui rongent le système capitaliste tout entier. Ce qu’il faut savoir, c’est ce que nous pouvons faire. Car dans sa logique le capitalisme a toujours choisi les solutions les plus extrêmes (guerre, répression de masse, fascisme).

 

En fait pour lui, à un certains moment de ses contradictions, ce sont les hommes qui sont de trop. Ceux qui ne consomment plus (parce qu’il les a appauvris), ceux qui se révoltent (parce qu’ils leur laisse des salaires infimes).

 

La guerre résout ce problème

 

La guerre, cette autre forme de la politique, peut revêtir deux aspects suivant le lieu où la contradiction exposée ci-dessus se dénoue.

 

● Dans un pays capitaliste donné (ou un groupe de pays, comme en Europe) ou dominent les mêmes groupes, les mêmes politiques, la bourgeoisie peut provoquer, organiser, ou laisser faire une guerre civile (la Commune de Paris fut une guerre civile par exemple), cela lui laisse le temps pour que des couches de population laissent éclater leur colère. Mais nous savons bien en tant que communistes que, faute de parti communiste, la «reprise en main» se fera rapidement, le jour ou la colère populaire viendrait à se retourner vers les vrais fauteurs de troubles : les exploiteurs.

 

● Il est possible aussi que nous ne puissions empêcher une nouvelle guerre (de partage du monde, par exemple, entre la puissance chinoise montante et l’étasunienne déclinante).

 

Mais nous savons là aussi, par l’expérience du Mouvement Communiste International, que si dès à présent nous ne savons pas créer un parti communiste et rallier à nous ceux qui adhéreront aux thèses élaborées ci-dessus il sera impossible :

● De créer les conditions d’un mouvement de masse pour la paix.

● De créer les conditions d’une Résistance apte à réaliser la Révolution socialiste.

 

Et si nous n’arrivons pas à édifier ce parti tant que les conditions autorisées par la bourgeoisie nous le permettent encore, et bien, chers camarades, ne vous inquiétez pas, cela sera un peu plus difficile, mais il nous faut avoir à l’esprit d’être prêts à le faire en temps de guerre.

 

Les communistes et l’Histoire

 

Les mouvements révolutionnaires sont faits de deux ingrédients :

 

●Une organisation politique, expression de la classe sociale qui envisage un changement radical de rapports sociaux.

 

● Des conditions objectives, économiques et idéologiques qui rendent possibles cette transformation.

 

Pourquoi certains communistes ont-ils abandonné le combat ? Pourquoi d’autres se repentent comme s’ils étaient des criminels ? Pourquoi d’autres encore plutôt que de ne « rien faire » comme ils disent, rejoignent-ils le camp des réformistes ou même de l’extrême droite ?

 

Il est important de comprendre pourquoi les êtres humains peuvent ainsi renier leurs idéaux.
Chaque individu de quelque classe sociale qu’il soit fait partie d’un moment de l’Histoire. Mais l’Histoire est aussi un mouvement qui dépasse ces individus. Des générations d’hommes étaient là avant nous, d’autres générations seront là après nous.

 

En matérialistes, nous savons que nous sommes mortels, mais il est très difficile de se concevoir comme un simple moment de l’Histoire. Un maillon parmi une chaîne.

 

Cela entraîne plusieurs erreurs. La jeunesse, lorsqu’elle s’engage en politique veut voir ses idéaux se réaliser rapidement (c’est-à-dire « de son vivant »), les militants plus âgés et qui ont subi les trahisons révisionnistes, les coups de la bourgeoisie, qui se sont battus inlassablement, sont soumis à l’idéologie dominante qui arrive à coups de livres, d’émissions de télévision, de conférences, etc..., à leur faire douter de leur engagement.

 

Ainsi, beaucoup délaissent le champ du combat de classe, ou croyant bien faire se retrouvent comme faire valoir dans des groupes ou organisations qui ne sont que des pâles illusions. Ils ont troqué leurs convictions, leurs idéaux pour des croyances.

 

Il faut bien avoir ceci à l’esprit lorsqu’on choisit la voie du communisme. C’est une voie exigeante qui oblige à se révolutionner soi même sous peine un jour ou l’autre de tomber dans ces travers idéologiques hélas classiques.

 

Il faut aussi ― et c’est fondamental ― considérer que le communisme est un idéal politique qui ne se réalisera que par la volonté des hommes. Certes, et Marx l’a bien montré, l’Histoire est faite de déterminismes (tôt ou tard le capitalisme se détruira), mais il a posé aussi que seule la volonté d’hommes rassemblés était en mesure d’épargner à l’humanité les souffrances qu’impose et qu’imposera cette agonie.

 

Ainsi, chaque communiste doit se considérer à la fois comme un agent actif de la révolution qui peut advenir demain ou dans dix ans ou jamais au cours de sa vie, et à la fois comme un passeur envers les jeunes générations de la plus puissante et la plus éthique théorie politique, celle qui annonce la fin de la préhistoire de l’humanité et donne les outils conceptuels de cette transformation radicale.

 

Pour répondre à ceux qui disent que les transformations de l’URSS ou de la Chine obéissent aux règles « intangibles » de la « nature humaine » (vieille litanie métaphysique de l’idéologie dominante), à savoir que les hommes sont toujours les mêmes, égoïstes, voulant le pouvoir... Et que donc il est « naturel » que le communisme soit impossible, il faut répondre par des exemples simples et voir l’histoire non à notre échelle, mais sur plusieurs générations.

 

Nous ne prendrons qu’un exemple, celui de la France depuis 1789. A cette époque la bourgeoisie renverse l’état féodal, mais pour autant les idées anciennes sont encore là, les fonctionnaires de la monarchie sont partout, l’église omniprésente. En 1799 le coup d’état de Bonaparte renverse la jeune république et instaure... un Empereur. Une monarchie revient à la tête de la France. Et que l’on regarde bien ce dix neuvième siècle français : il faudra attendre la naissance de la troisième République dans le sang de la Commune de Paris pour que l’Etat républicain que nous connaissons adopte sa forme presque définitive. Mais pendant soixante dix années ce ne fut qu’alternance de royalisme, républicanisme, révolutions avortées, etc...

 

Quelle tempête politique en moins d’un siècle pour un régime nouveau qui ne se battait pas ― et il faut le souligner ― pour l’abolition des classes sociales, mais simplement pour une nouvelle donne dans l’exploitation du peuple !

 

Alors, que les calomniateurs du communisme, tous ces bourgeois arrogants et ces petits bourgeois méprisants, regardent LEUR histoire avant de nous donner des leçons sur la notre, les communistes.

 

Depuis 1917, 93 années se sont écoulées. Ce qui s’est passé au 20ème siècle illustre tout simplement ce qu’est la lutte des classes. Avancées et reculs sont inhérents à l’histoire et le communisme n’échappe pas à cette loi. Comment un régime politique aussi novateur et radical ne pouvait-il pas susciter la haine continue de ses ennemis de l’intérieur et de l’extérieur (c’est le contraire qui eut été étonnant !).

 

Nous devons expliquer et expliquer encore, c’est notre rôle d’éducateurs, que rien n’est définitivement acquis, que tout est en processus, en mouvement et qu’il ne faut jamais baisser la garde, car les gens qui nous font face savent parfaitement que nous représentons leur extinction.

 

Il faut donc éduquer la jeunesse à l’étude et à la patience, comme il nous faut redonner l’espoir aux militants qui ont vécu douloureusement ce qu’ils ont cru être la fin de leur idéal.

 

Il nous faut parler ouvertement aux masses et ne pas croire que les appareils d’illusion qui les abreuvent de sottises sont « plus forts » que nous.

 

La misère, le chômage, les ventres creux sont au-delà de ces illusions, car ils touchent la chair des hommes et c’est nous qui pourrions être surpris des soubresauts que la réalité inflige aux convictions du « on ne peut rien faire ».


Bien au contraire. La dialectique nous enseigne que lorsque les contradictions s’accumulent, un point de rupture se produit. Si les communistes sont présents et actifs à ce moment là, tout devient possible. Mais ce moment privilégié de l’histoire est bref (Lénine disait que parfois l’histoire évoluait plus en deux jours qu’en deux siècles) et si nous ratons l’occasion, soit parce que nous ne sommes pas encore suffisamment organisés, soit parce que nous avons sous-estimé les masses ou surestimé la bourgeoisie, alors l’histoire reprend son cours au prix d’immenses malheurs pour le peuple (contre-révolution, guerre).

 

« J’aime ceux qui n’ont en partage que leur rage et leur dégoût.

Ceux là n’ont pas besoin d’espoir pour se battre.
J’aime ceux qui habillent leur rage et leur dégoût du manteau glacé de la raison.

Ceux là n’ont pas besoin de chance pour l’emporter.

J’aime ceux qui vêtent la raison des fleurs éparpillées de leurs rêves.

Ceux là n’ont pas besoin de dieux pour bâtir ».

Jules Vallès, Communard.

Petite vidéo : Illustration de la démocratie bourgeoise...

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